Une clé, une enseigne de boutique ou une grille de fenêtre ne sont pas habituellement regardées comme un tableau. Pourtant, leur fabrication mobilise des savoir-faire et des choix de formes parfois aussi ambitieux. Le fer doit être chauffé, martelé, assemblé ou découpé ; ces opérations imposent des contraintes que l’artisan peut transformer en motifs, reliefs et volumes.
Les collections permettent de suivre une diversité d’usages : protéger une porte, signaler un métier, éclairer une pièce, cuisiner, transporter ou embellir une demeure. Le sens d’un objet ne tient pas uniquement à sa beauté. Une serrure très élaborée renseigne aussi sur la valeur accordée à ce qu’elle protège ; une enseigne renseigne sur la ville et la communication commerciale.
Les objets réunis par Henri Le Secq des Tournelles, puis par son fils, composent le cœur historique de cette collection. Le musée, ouvert dans l’église Saint-Laurent en 1921, conserve ainsi une histoire du regard porté sur la ferronnerie : ce qui était autrefois un équipement ou un outil devient patrimoine étudié et présenté.